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Mise en oeuvre générale des méthodes d'analyse Sobane

Mise en oeuvre générale des méthodes d'analyse Sobane

Les méthodes de Dépistage Déparis et des méthodes d'Observation sont idéalement utilisées au cours d'une réunion avec 4 à 7 personnes connaissant intimement la situation de travail ou appelées à intervenir dans la recherche et la concrétisation des solutions préconisées au cours de la réunion.

  • Au terme du Dépistage, il a été décidé par exemple Analyse
    • de réparer les sols, remplacer certains outils et certains récipients contenant des produits chimiques, remplacer certains filtres sur certaines machines, déplacer des aires de stockage, rehausser un plan de travail...
    • d'approfondir un ou plusieurs aspects de la situation de travail lors d'une ou de plusieurs réunions d'Observation particulières: par exemple: les aires de travail, les contraintes posturales, les produits chimiques...
  • Au cours de la réunion d'Observation relative ,par exemple aux produits chimiques - la situation a été revue, les solutions envisagées lors du Dépistage ont été validées et diverses solutions complémentaires ont été proposées pour contrôler les déchets et les emballages. Par contre, reste un problème majeur de ventilation des locaux
  • La méthode d'Analyse va donc porter sur ce problème de ventilation, tout en revoyant la situation générale du point de vue de ces produits chimiques et ce qui a été proposé jusque là.
     

Au contraire des méthodes de Dépistage et d'Observation, l'Analyse est réalisée dans un premier temps par un préventeur souvent extérieur à l'entreprise qui n'a pas nécessairement participé aux réunions de Dépistage et d'Observation. Il convient donc qu'il se mette d'abord au courant de ce qui a déjà été fait et revoit les choix et actions envisagées, avant d'entreprendre des investigations complémentaires.

La démarche à adopter par ce préventeur est la suivante:Beeldscherm observatie

  1. Révision des résultats du Dépistage et de l'Observation de la situation de travail avec le coordinateur qui a mené les études à ces deux premiers niveaux:
    • en prenant connaissance du travail accompli précédemment aux niveaux Dépistage et Observation
    • en revoyant ce travail et les différentes solutions envisagées et en y apportant sa compétence pour les confirmer ou non
    • en déterminant les aspects qui nécessitent une Analyse particulière complémentaire.
  2. Analyse proprement dite de la situation de travail sous ces points particuliers, et en collaboration avec les personnes de l'entreprise
    • en étudiant plus en profondeur ces aspects particuliers
    • en réalisant éventuellement des mesurages, toujours dans une optique de prévention
    • en aidant l'entreprise à mettre en œuvre les solutions préconisées. 

Une quantification des risques peut s'avérer nécessaire, afin, par exemple, de souligner l'importance d'un problème pour justifier la mise en œuvre de solutions ou encore afin d'établir une liaison entre une exposition et un traumatisme ou une maladie professionnelle.

La durée de l'Analyse et donc son coût dépendent directement du problème rencontré et de la nécessité ou non de quantifier certaines contraintes ou expositions.

Revision de l'observation avec le preventeur 

Dans l'esprit de la continuité de la stratégie et de la collaboration entre les partenaires des niveaux successifs, les informations collectées au niveau du Dépistage et au niveau d'Observation sont passées en revue par le préventeur avec ceux qui ont étudié ces informations et, au minimum, le coordinateur à ces niveaux (animateur du groupe ou à défaut l'observateur isolé).

La discussion doit porter sur:

  • Les informations relatives à la situation de travail: organisation du travail, rotation des opérateurs, variation de la production au cours de la journée, de la semaine, de l'année, …
  • Les différentes solutions qui ont été dégagées, en les confirmant ou non.
  • Les aspects qui nécessitent une Analyse complémentaire.

Le préventeur est appelé à: 

  • Confirmer ou non les solutions préconisées, mises ou non en œuvre lors des niveaux 1, Dépistage et 2, Observation. 
  • Analyser plus en profondeur certains problèmes qui n'ont pu être résolus jusque là.
  • Aider l'entreprise à mettre en œuvre les solutions préconisées.

Analyse proprement dite 

Objectifs 

Cette seconde phase de l'Analyse a pour but de rechercher des solutions aux problèmes non résolus précédemment. Elle est donc orientée vers certains aspects particuliers de la situation de travail.
Elle va consister en une collecte d'informations plus spécifiques ou moins évidentes pour déterminer ce sur quoi il serait possible d'agir pour résoudre ces problèmes particuliers.

Cette collecte d'informations spécifiques doit être préparée par le préventeur, avec les personnes de l'entreprise et le coordinateur qui ont réalisé les niveaux antérieurs.

Dans certains cas, l' Analyse demandera d'observer en détails certains opérateurs. Le choix est crucial. Si ce choix est mal fait c'est à dire non représentatif, les résultats de l'Analyse ne seront pas fiables et aucune information ne pourra en être déduite pour l'ensemble des opérateurs.

Le nombre d'opérateurs à observer dépend de la taille du groupe. Le tableau suivant est basé sur des notions de statistiques. Il donne la taille de l'échantillon nécessaire pour qu'on soit sûr à 95% qu'au moins un opérateur parmi les 20% les plus "exposés" fasse partie de l'étude. Cette probabilité n'est correcte que si l'échantillonnage est purement aléatoire, ce qui n'est donc pas strictement le cas. Le tableau permet cependant de déterminer l'ordre de grandeur du nombre d'opérateurs à considérer idéalement.

Steekproef
Taille du groupe N N <= 6 7-8 9-11 12-14 15-18 19-26 27-43 44-50 >50
Taille de l'échantillon Ns N 6 7 8 9 10 11 12 14

 

Conditions de travail à analyser 

Tout comme pour le choix des opérateurs, le choix des moments où l' Analyse sera conduite ne peut pas être laissé au hasard, mais doit autant que nécessaire tenir compte des différentes variations des conditions de travail liées à:

  • la production: normale, habituelle, saisonnière…
  • l'état de la ligne de production: machines en panne, mal réglées, nouvelles ...
  • la rotation des opérateurs.
  • l'absentéisme.

A défaut de temps ou de moyens pour étudier les points à approfondir dans tous ces cas de variations, il apparaît indispensable de caractériser correctement les situations analysées en vérifiant si elles sont bien représentatives des conditions générales ou des conditions les plus mauvaises. A titre d'exemple, il n'est peut-être pas possible d'étudier les conditions de travail quand tous les opérateurs sont présents et quand l'un d'eux ou plusieurs manquent. Cependant, il est nécessaire de vérifier si ce changement dans le nombre d'opérateurs a une influence sur les procédures de travail et l'exposition des travailleurs. Si c'est le cas, il sera nécessaire de prouver la pertinence générale de l'Analyse réalisée.

Le préventeur va rechercher l'information manquante par des méthodes qu'il choisira en fonction des besoins:

  • en comparant les façons de travailler de certains opérateurs;
  • en cherchant à comprendre ce qui détermine ces différences;
  • en recherchant ce sur quoi on peut agir techniquement
  • ...

La méthode principale est l'observation directe des opérateurs dans leur situation de travail. Pour certains aspects tels que la disposition des postes, l'organisation du travail, les risques de troubles musculosquelettiques, les manutentions...des photos ou une vidéo peuvent être des outils complémentaires, mais ne peuvent pas remplacer cette observation directe. Elles permettent cependant, en plus:

  • la vision des mêmes images par différentes personnes (opérateurs, service méthodes …) afin d'obtenir des avis complémentaires.
  • l'étude de la pertinence et de l'impact réel de certaines solutions proposées.
  • la constitution plus tard d'un matériel didactique pour former les opérateurs et en particulier les débutants.
  • la mise au point d'aide pour la mise en œuvre efficace de certaines solutions préconisées, comme l'organisation d'une formation à la manutention.

Un des risques liés à l'utilisation de la vidéo est de modifier le comportement et donc la façon de travailler de l'opérateur qui se sait filmé. Ce risque est minimisé si:

  • Une étroite collaboration a été établie précédemment entre le préventeur et les opérateurs.
  • Les raisons de ces enregistrements vidéo et l'usage qui en sera fait ont été clairement expliqués à chaque opérateur et ce d'autant plus s'il n'a pas participé aux niveaux précédents de la stratégie.
  • Son consentement a été acquis tout à fait librement.

Mesurages éventuels 

Dans certains cas, le préventeur jugera peut-être nécessaire de réaliser quelques mesurages: éclairement, vitesse de l'air, forces, concentrations... Des mesurages simples peuvent être effectués et les méthodes d'Analyse développées et présentées dans les différents domaines, les décrivent.
Les mesurages sophistiqués, utilisant des appareils complexes, tels que luminancemètres, analyseurs de fréquences, goniomètres...sont cependant à réserver au niveau 4 Expertise et réalisés à bon escient par des experts spécialement compétents.

Exploitation des données 

L'exploitation des données est la partie qui requiert toutes les compétences du préventeur. Aucune méthodologie particulière ne peut donc être définie: les problèmes sont connus, on sait ce que l'on recherche.

Il y a lieu d'insister sur le fait que l'Analyse ainsi décrite est totalement différente de la quantification qui serait réalisée dans un but épidémiologique par exemple.
Les questions auxquelles on tente de répondre sont ici du type: pourquoi la situation est telle; que peut-on faire pour la modifier.
Les discussions sur ces questions devraient conduire directement vers les solutions.

Par contre, la méthode de quantification cherche à répondre à des questions du type: quel est le pourcentage du temps pendant lequel le travailleur est exposé à tel risque.
Pour ce faire, elle cherche à quantifier les temps, les concentrations, les niveaux.... sans se soucier directement des raisons de ces contraintes.

L'Analyse circonstanciée des informations collectées et la recherche des solutions n'est pas du ressort exclusif du préventeur, même si, dans la majorité des cas, il en était l'exécutant.

  • Idéalement doivent y participer directement ceux qui connaissent les contingences techniques et pratiques - les opérateurs et l'encadrement.
  • A défaut d'une participation directe, il faudra leur demander, plus tard, mais avant toute mise en œuvre, leur avis sur les recommandations formulées par le préventeur. Cette intervention en cascade est la plus fréquente. Elle n'est pas toujours celle qui conduit aux meilleures solutions et certainement pas le plus rapidement.

    Le succès de l'intervention du préventeur est directement lié à:
    • La qualité du travail effectué aux niveaux antérieurs de l'intervention.
    • La qualité de cette concertation avec les personnes concernées de l'entreprise.

Synthèse des résultats au terme de l'analyse 

Au terme de l'Analyse, un rapport est en général attendu du préventeur.

Le processus de préparation, présentation et discussion du rapport final doit être structuré dès le départ, de sorte qu'il aboutisse à des décisions, quelles qu'elles soient (fussent-elles de ne rien faire!).

Pour ce faire, dès le début de l'intervention du préventeur, la procédure doit être définie une fois pour toutes en ce qui concerne:

  • les personnes de l'entreprise avec qui le préventeur collaborera
  • la programmation dans le temps
  • la nature du rapport
  • la ou les présentations de ce rapport
  • la suite qui lui sera donnée, avec si nécessaire l'intervention d'un expert
  • la façon dont la situation de travail sera suivie plus tard en ce qui concerne la mise en œuvre des solutions et l'étude de leur efficacité
  • la planification, avec qui fait quoi, quand et comment , indispensable pour que les recommandations ne restent pas lettres mortes mais se traduisent par des actions concrètes pour les opérateurs.

1. Le contenu 

Cette Analyse devrait normalement être la dernière étape de l'intervention. Le rapport doit donc faire la synthèse de toutes les informations progressivement récoltées et des solutions/améliorations progressivement mises en œuvre ou projetées.

Ce rapport doit comprendre:

  • L'exposé du problème:
    • la façon dont le problème est apparu et a été posé au départ: plaintes, maladies, absences …
    • les avis des opérateurs et des personnes de l'entreprise lors du niveau de Dépistage.
  • Les résultats de l'intervention, sans trop s'attarder aux différentes interventions successives mais en rendant aux intervenants leurs mérites respectifs:
    • les aspects qui ont été Observés en détails et les solutions proposées.
    • les aspects qui ont été Analysés en détails et les solutions qui sont proposées.
    • le cas échéant, les aspects pour lesquels une Expertise est à réaliser.
  • Une synthèse des solutions et améliorations techniques ou organisationnelles.
  • La proposition d'élaboration de prototypes ou la réalisation d'essais si certaines solutions demandent à être mises au point techniquement. 
  • Les mesures à prendre le cas échéant pour l'information et la formation adéquate des opérateurs en ce qui concerne:
    • les procédures de travail optimales et celles à éviter
    • les risques de santé et de sécurité 
  • Une hiérarchisation des mesures préconisées selon:
    • ce qui est indispensable
    • ce qui est nécessaire
    • ce qui est souhaitable
  • Une justification globale de ces solutions, en montrant que:
    • elles sont réellement susceptibles de résoudre les problèmes décrits précédemment
    • elles ne vont pas engendrer d'autres problèmes pour l'ensemble ou pour certains opérateurs
    • elles sont compatibles avec les exigences de productivité et de rentabilité de l'entreprise.
  • La justification éventuelle de la nécessité d'une Expertise complémentaire. 
  • Un schéma de réalisation des solutions préconisées avec qui fait quoi, quand, comment et avec quel suivi dans le temps, afin d'augmenter la probabilité que le rapport soit suivi d'effets concrets.
  • Une synthèse de ce rapport final en 1 page reprenant les solutions techniques principales.

2. Présentation écrite 

La critique majeure concernant de tels rapports est qu'ils sont en général beaucoup trop littéraires et conventionnels.

Le but étant de donner l'information nécessaire à la prise de décision, le rapport doit être court, simple et débarrassé de toute considération superflue, générale ou hors de propos.
Sans tomber dans le style télégraphique:

  • des alinéas, des retraits sont utilisés, comme dans le présent texte, pour souligner et hiérarchiser les informations
  • le nombre de tableaux, de graphiques statistiques… est réduit au minimum
  • les informations y sont présentées sous une forme systématique, facile à saisir, intuitive
  • des schémas techniques, photos, sont utilisés si nécessaire.

Enfin, le texte est revu mot par mot pour

  • supprimer toute répétition;
  • simplifier la lecture et la compréhension;
  • respecter la suite logique des items, idées …;
  • faciliter la recherche d'une information particulière.

Contrairement à l'habitude, le rapport commencera par la synthèse de 1 page, repoussant en second plan et en annexe l'information détaillée.

3. Présentation orale 

Les circonstances déterminent la procédure exacte à suivre.
Idéalement cependant, la synthèse doit être présentée simultanément ou séquentiellement:

  • A l'employeur, parce qu'il a la responsabilité des conditions de santé au travail et est celui qui décide.
  • Aux opérateurs, parce qu'ils sont directement concernés. La mise en œuvre de solutions techniques, même excellentes, sans consultation préalable des intéressés, compromet temporairement, voire définitivement, leur efficacité.
  • A toutes les personnes qui ont participé aux différentes étapes de l'intervention, parce qu'ils en ont le mérite principal.
  • A la hiérarchie, à l'encadrement technique, parce qu'ils sont responsables de la mise en œuvre et du maintien des solutions.
  • Aux autres partenaires de la prévention (médecins du travail, préventeurs …), bien naturellement.
    Le succès de l'intervention dépend non seulement de sa qualité, mais bien souvent surtout de la façon dont elle est présentée. Dès lors, un soin particulier doit être apporté à l'élaboration du matériel audiovisuel. Ce point sort des objectifs du présent document et ne sera pas abordé, sauf en ce qui concerne l'exploitation des enregistrements vidéo.

Alors que tous les protagonistes (employeurs, encadrement, opérateurs) pensent bien connaître les conditions de travail, ils en ont des visions parfois étonnamment différentes. Des photos ou une bande vidéo sont alors très utiles pour arriver à une représentation commune de la situation et des problèmes, ainsi que des possibilités d'amélioration. Elles doivent attirer l'attention sur le travail qui est réalisé et les conditions générales de travail, et non pas sur la manière dont tel ou tel opérateur le réalise.

Des photos ou une bande vidéo peuvent également être préparées dans une optique de formation des opérateurs et en particulier des nouveaux arrivés dans la situation concernée. Il s'agit cette fois de photos ou de vidéos orientées vers la façon de réaliser le travail. Ce sont donc des photos ou vidéos différentes mais complémentaires des précédentes. Avec l'accord individuel de chaque opérateur (après qu'il a été complètement informé des objectifs poursuivis), ces photos ou vidéos sont préparées de manière à illustrer certaines manières de travailler qui peuvent être "dangereuses" et les comparer à d'autres, plus favorables pour la sécurité ou la santé (façon de travailler, tel outil plutôt qu'un autre, économies de forces, rangement, circulation…). Cette bande ne pourra être utilisée par la suite, de nouveau, qu'avec l'accord des opérateurs et à condition qu'aucune culpabilisation ne soit possible.

4. Suite de l'étude 

Si l'étude a démarré suite à des plaintes concrètes chez certains opérateurs, il reste à s'occuper concrètement de ces personnes pour qu'elles récupèrent et puissent retrouver le plus vite possible des conditions de vie et des conditions de travail normales. C'est là un problème médical que doit traiter directement ou indirectement (avec le médecin généraliste) le médecin du travail.
Il y a lieu d'attirer l'attention sur le fait que des conditions de travail peuvent être acceptables pour un opérateur, mais rester dangereuses pour un autre. La récupération peut s'en trouver ralentie ou, dans certains cas, les problèmes peuvent continuer à s'aggraver. Il ne s'agit donc pas de remettre directement au travail les personnes avec des problèmes de santé dès que les conditions de travail ont été améliorées.

Tous les documents de travail qui ont servi aux différents niveaux seront conservés dans l'entreprise afin de servir plus tard de point de référence lors de modifications des postes ou lors de la conception de nouvelles conditions de travail.

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